lundi 3 janvier 2011

Ici et ailleurs; plusieurs temps

J'ai passé mon week-end au chalet familial pour fêter la bonne année. C'était plaisant, car j'ai appris. Appris que la neige ne tombe pas partout de la même façon. À Montréal, elle tombe comme un mauvais temps. En campagne, elle danse dans le vent. J'ai appris que du blanc recouvrant la ville épine son sol. Le blanc nordique le tapisse. Quand il fait noir dans la métropole, tout dort. Quand il fait nuit là-bas, tout semble ivoire. Je sais maintenant qu'en ville, les gens chuchotent entre eux. Dans le nord, sans médias, ils conversent. Lorsque trop de pièces désunissent en banlieue, des rapprochements naissent dans les rangs. Le temps des fêtes est terminé, mais tant de souvenirs se sont créés dans ce décor qui tend le rêve. Retour au travail demain, mais plus que 363 jours avant la reprise.

mercredi 17 novembre 2010

Blanc frileux

L'hiver s'en vient. J'ai aperçu l'automne qui prenait la fuite ce matin. J'ai pensé l'imiter, mais lorsque j'ai terminé de dégivrer ma voiture, j'étais déjà en retard pour le travail... et ce n'est que le commencement. Les longues promenades matinales vont se transformer en trois longues minutes, à attendre que le chien se vide et en regrettant ne pas avoir acheté un chat à la place. Il n'y aura presque plus d'action sur la rue, et je devrai alors allumer la télévision pour être divertie. Je vais probablement préférer lire un livre, mais je n'ai pas encore magasiné de lampes depuis le déménagement; et déjà passé cinq heures, il fait un noir glacial dans l'appartement. Je me collerai donc contre la bête poilue, en me demandant pourquoi j'ai choisi un chihuahua. Il restera toujours l'option de me vêtir chaudement et d'aller profiter des joies de la saison blanche. Malheureusement, ça sera à ce moment-là que faire du ménage, du lavage ou bien une sauce à spaghetti semblera indispensable. Dommage! Ça sera pour l'année prochaine... c'est promis.

jeudi 11 novembre 2010

L'échiquier humain

Quand il est question de changement, tout de suite le mot contraire me vient en tête. Si quelqu'un nous demande de changer, souvent elle souhaite que nous agissions d'une autre manière. J'ai récemment appris à jouer aux échecs. Je suis loin d'être bonne, mais ça me distrait. Mon ordinateur a presque gagné toutes les parties. Je dis presque, car la seule fois que je m’approchais de la victoire, il s’est déchargé. Mauvais perdant. J'ai tout de même compris le rôle de chacune des pièces, mais connaitre les règles ne suffit pas toujours pour comprendre le jeu. La vie est assez similaire. Ceux qui répondent toujours oui et qui n'avancent qu'en ligne droite sont des pions. Ils avancent certes, mais finissent toujours par être échangés par quelqu’un de plus compétent où bien oubliés derrière. Nous avons tous été le pion de quelqu’un, mais comme chaque jeu doit progresser, nous évoluons également. La vie nous ouvre d’autres portes derrière lesquelles nous oublions nos vieux habits. Un titre vient souvent avec les nouveaux. Fièrement habillés, nous enjambons des têtes et relevons la nôtre. Fort, nous progressons stratégiquement, bâtissant notre avenir. Jeune et brave nous sommes les cavaliers de demain, jusqu’à ce que l’amour, la haine et l’argent viennent détruire notre armure. C’est à ce moment que nous devenons fous et que nous nous mettons à courir sans cesse, jusqu’à ce que les coins nous freinent. Ce sont les règles et si nous voulons que la partie continue, tomber est juste normal. C’est également l’unique façon de se raidir la colonne pour devenir quelqu’un de droit et découvrir qui nous sommes. Du haut de notre tour, nous observons les possibilités qui nous sont offertes et analysons tout, diminuant ainsi les faux pas et l’échec. Les années passent puis les gens nous vouvoient. Nous devenons dame et respect. Puissante, rien ne nous effraie et la route devant se libère. Vers la fin du jeu, nous devenons de plus en plus immobiles. Affaiblit devant l’action, nous sommes dorénavant vulnérables et chétifs, mais combien riche et admirable. On tente de nous protéger et beaucoup admirent notre passé. Nous sommes allés au combat, c’est maintenant à eux de se battre. Le jeu se termine et le gagnant triomphe. Étendue et les yeux clos, le vainqueur est verticalement bien et les visages respectueux le survolent.

dimanche 17 octobre 2010

Titre en MAJUSCULE

Ce n’est pas facile d’entremêler de la couleur aux lettres. Le cerveau préfère imager par miroir que par imaginaire, sinon il y a un choc, un souvenir ou un songe. Un paysage est accessoire quand l’œil le perçoit, mais il devient sujet lorsqu’il doit être compris. L’arrière-plan est souvent préférable lorsque le sujet tient l’appareil, sinon le tout s’embrouille et le reste se mêle. K et L sont voisins mais différents dans toutes définitions. Si nous restions figés, sans vent, nous pourrions peut-être comprendre le présent, mais comme rien n’est voulu, tout bouge… et comme le mouvement reste un verbe, le temps change. La fin n’est jamais la même, peu importe le déclencheur. Alors pour ce blogue, il n’y en a pas… et voilà. BOUM.

mardi 28 septembre 2010

Cadran sans chiffres, mais de luxe

Si le passé est passé et que le présent le fuit, c'est sans doute que le futur a été acheté. De nos jours, le temps passe trop vite, sans pour autant que les choses changent. Les choses importantes je veux dire. Celles qui font de nous des êtres vivants, des êtres chauds. Mais comme l'utile n'a plus rien d’agréable, ils nous bombardent de nouveaux gadgets à la fine pointe de, soi-disant, la technologie. D'outils plus gros pour un fini plus fin. Ils, je parle ici de ceux qui vendent le rêve, les disciples des temps modernes.

L'industrie automobile ne fait pas exception à cette nouvelle religion. Toujours plus performantes nous les voulons nos voitures. Celles capables de nous amener toujours plus loin, et le plus rapidement possible. Par contre, pour pouvoir se trouver derrière ces volants de feu, il faut se brûler à l'ouvrage. Travailler et ça, sans relâche. Le temps est rendu de l'argent. Sans lui, nous faisons que marcher... et la marche, ce n'est pas au goût du jour. Nous devons être au point B, en même temps que le A, sinon nous sommes en retard. Pour se payer les derniers modèles qui nous téléportent, équipés de GPS utiles uniquement pour ne pas perdre le temps, faire du neuf à cinq ne suffit plus, tout comme rentrer sagement à la maison pour passer des heures de qualités en famille. Non. Il faut se tuer à l'ouvrage, rajouter des heures supplémentaires aux journées et oublier de respirer. Tout cela, au détriment de la sueur qui coule sur nos fronts et des battements de nos cœurs qui proposent chaque semaine un rythme de plus en plus saccadé.

De nos jours, pour se payer les indispensables luxes que les médias nous prescrivent contre le mal du stress, il semble vital de diminuer nos moments libres de qualités qui nous empêchent de nous payer notre médecine. Pour ma part, je préfère ne pas avaler le placebo ni déchiffrer l'ordonnance. Je vais plutôt la chiffonner ou bien la brûler. Le temps passe, il est gratuit, mais aussi compté. Et à force de le dépenser inutilement, d’écouter ces discours sans âme, nous avançons vers cette prière vicieuse qui nous rebute l'indispensable et nous visse au sol en nous donnant la nausée de ce monotone facturé.

Ne perdons pas espoir. La voiture de nos rêves existe et, une fois à l'intérieur, la route du bonheur sera devant, sans remboursement. Pour cela, il faut oublier l'habitacle palpable et rouler sans carrosserie. Si par malheur leurs publicités nous obstruent la route, fuyons à rebours. Si elles nous rattrapent, alors courons, et vite, car d'après eux, en souliers, cette route est longue. Très longue.

mercredi 15 septembre 2010

Fuir à rebours

Oublier la suite, c’est comme ne pas avoir vécu le passé. On tourne en rond, sans comprendre pourquoi nous sommes étourdis. Le présent se visse et nous y restons figés.
La vie est une suite d’essais et d’erreurs. Parfois, un mode de penser viens qu'à être bouleversé par un événement ou une action. À ce moment, le tout change pour permettre à la prochaine étape d'exister. Remettre en question certaines d’entre elles nous rapproche plus rapidement de la suivante et nous permet d’avancer.
Dans les moments de grandes inquiétudes, voire de solitude, la fuite est une solution lorsque les réponses ne viennent pas rapidement. Nous fuyons et ce, peu importe l’endroit ou bien la manière. Nous sommes esclaves de nos pulsations. Ces bêtes qui peuvent parfois s’avérer dangereuses, trompeuses et souvent regrettables. Le plus juste serait d'attendre, de laisser les choses aller. Le temps est le secret de toute cette platitude; car trop souvent nous tentons d’éliminer une partie de nous en souffrance soit en en éliminant la source, ou bien en caltant. Caltons tous alors, et puis vroom, car pour se rendre à Z, la route est longue.

mercredi 1 septembre 2010

Horloge d'une vie, épreuves et cie

Le temps court toujours, même si nous ne le voyons pas toujours passé. Parfois, les autres avancent plus vite, tantôt, nous les rattrapons. Nous faisons tous partie de la même course, celle dont les perdants sont ceux qui ont oublié de lacer leurs lacets, ou bien ceux qui se sont perdus en court de route. Souvent, on passe le flambeau, mais toujours il nous revient, certaines fois plus brûlant, sauf qu'à ce moment, nos mains sont plus âpres et aptes à le tenir. À certains moments, le vent nous rebute, en fouettant notre devant, ou bien il nous emporte là où jamais nous n’aurions cru possible d’aller. Par instants, pris dans un tourbillon, nos pieds s’enfoncent dans sol et seule une autre main pourra nous en dévisser. Chose certaine, la vie n'est pas toujours rose. Dans ces circonstances, il suffit de trouver le rouge et le blanc qui nous entourent et les amalgamer pour ainsi souder l'harmonie.